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Précisions :
toutes ressemblances avec des personnages ou des faits réels ne
seraient que pure volonté.
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Le lieu : Mazamet, petite ville de province.
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La date : Le Samedi 21 avril 2007, vers 2 h du matin.
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L’histoire : 4 jeunes gens, Valériane, Thomas, Tom, et Guy,
sortent d'un restaurant (que nous nommerons « Ô marseillais »
pour bien planter le décor) et marchent dans la rue en direction du
centre ville.
Tom, pour s'amuser, hisse Guy sur ses épaules.
Guy se prête à ce jeu. Précédés de peu par Thomas et par
Valériane qui discutent tranquillement tout en faisant du
lèche-vitrine.
Ils ne troublent nullement l'ordre
public, ne commettent aucun acte répréhensible, ni tapage nocturne.
Soudain un véhicule de police débouche derrière
eux. L'officier de police, passager de cette voiture, les dévisage
sévèrement, la vitre ouverte.
Tom, devant l'air
menaçant du policier le rassure, s'adresse à lui avec le sourire:
-"Ne vous inquiétez pas, on s'amuse!"
Ce
à quoi le policier lui rétorque: -"Nous on ne s'amuse pas!"
Il sort immédiatement de sa voiture et fonce sur Tom, le pousse
contre un mur d'un geste brutal et, tous deux, déséquilibrés se
retrouvent au sol.
Le 2° policier, sorti lui aussi
du véhicule, porte alors des coups de pieds à la tête de Tom.
Après l'avoir menotté, les 2 policiers lui administrent des coups
de matraque.
Les 3 autres jeunes, surpris et
paniqués par tant de brutalités non justifiées supplient les
policiers d'arrêter de frapper. Les cris d'effroi de Valériane
alertent d'autres personnes qui sont témoins des actes de violence
des agents de police.
Thomas
essuie une magistrale gifle en tentant de s’interposer.
Les policiers appellent alors des renforts et jettent Tom à
l'intérieur de leur voiture.
Là,
il me faut faire visualiser au lecteur mon décor : pour
simplifier, je vais dire que le commissariat de police est situé non
loin de l’évènement, je précise que nous sommes dans une petite
ville. Et puis, je fais ce que je veux, c’est moi le conteur, non ?
Rejoints par un autre policier, ils plaquèrent
Thomas sur le capot de la voiture et le menottent à son tour pour le
faire rentrer dans la voiture de police.
Tom et Thomas sont conduits au commissariat en voiture tandis que Guy
y est escorté à pied par le policier venu en "renfort".
Lors
du court trajet en voiture, Thomas et Tom sont insultés et humiliés:
Quant
à Valériane, elle fut abandonnée sur le trottoir où eu lieu
l'agression par les policiers; une flaque de sang à ses pieds. Elle
rentre à pied, seule, choquée et inquiète.
Au commissariat, Tom et Thomas ont ordre de se déshabiller
entièrement. Ils subissent aussi une fouille devant 5 autres
policiers moqueurs, et d’autres gardés à vue.
Thomas et Tom demandent à voir un docteur. Les policiers les
conduisent donc aux urgences de l'hôpital de la ville. Durant le
trajet, ils subissent de nouvelles violences et humiliations: tête
écrasée contre le siège; mains menottées dans le dos et tirées
vers le haut...
Après ce passage aux urgences, ils
sont reconduits en cellule où Tom retrouve son ami Guy, tandis que
Thomas est enfermé seul.
Le
lendemain : vers 10h30, un officier de police les questionne. Un
avocat leur est commis
d'office. Vers midi, ils sont relâchés.
Aucun
des 4 jeunes n'est connu des services de police. La veille, ils
n’avaient ni abusé d'alcool ni
d’autres substances psychotropes.
Conscients
d’avoir été victimes d’un acte illégal, illégitime et
interdit par la loi, Tom et Thomas portent plainte pour « coups
et blessures » auprès du procureur de la République.
Comme partout en France, comme un peu partout dans le monde, cette
ville de province se réveille avec une impression de malaise. Avec
cette sensation étrange que quelque chose de malsain se déroule en
son sein, comme une dérive sécuritaire et fascisante, un truc
innommable.
Je
continue mon histoire... En juillet 2008, la plainte des victimes est
rejetée. La surprise : ce sont les policiers qui portent
plainte contre Thomas et Tom pour « injures et rébellion »,
et pour ne pas donner un côté exagéré à mon histoire, je vais
dire que dans ce pays, c’est une chose courante.
Dans
la même ville, des citoyens et citoyennes, membres ou pas d’une
association de défense des droits humains, entendent parler de cette
histoire. N’y croyant pas (je rappelle que mon histoire se déroule
dans le pays des droits de l’Homme !) ils veulent en savoir
plus et se renseignent sur cette soirée. Ce qu’ils apprennent
confirment leur crainte : deux policiers ont outrepassé leur
droit et se sont comportés comme des voyous en passant à tabac deux
personnes à qui rien ne peut être reproché.
Dans
les pays civilisés, une plainte mène à une enquête, puis, si elle
est jugée recevable, à un procès. Ce qui nous mène au mercredi 12
novembre 2008. Je donne des dates pour que ça fasse réaliste, mais
aussi bien le lecteur que moi-même savons que cette histoire n’est
que pure fiction, n’est-ce pas ?
Mais
même dans ces pays civilisés, les procès ressemblent à des pièces
de théâtre où certains ont droit à un déguisement (presque tout
noir) et pas d’autres. Pour simplifier, celles et ceux qui ont le
déguisement se sont les juges ou les défenseurs de celles et ceux
qui n’ont pas de costume. Ne me demandez pas pourquoi, ce n’est
qu’un détail pour me la jouer à la Zola…
La
procureure de la République (là, il vous faut imaginer une personne
qui sur-joue son rôle, avec de grands gestes des bras et des longues
phrases prononcées en hochant la tête et le corps) insiste sur le
fait que dans un pays civilisé comme le nôtre, « personne en
peut se soustraire à un contrôle d’identité ». Reste à
prouver que les policiers ont bien demandé à Tom et à Thomas de
leur présenter leurs documents d’identité et que Tom et Thomas
ont refusé. Guy, principal témoin dans cette affaire, certifie que
les policiers n’ont rien demandé et ont immédiatement sauté sur
Tom pour le frapper. L’avocat de Tom et de Thomas tente de prouver
qu’il n’y a pas eu contrôle d’identité, que les policiers ont
frappés sans raison.
Tous
les témoins qui se succèdent à la barre donnent toutes et tous la
même version : les policiers ont frappés Tom et Thomas, sans
raison et d’une violence inouïe.
L’avocat
des policiers insiste sur le fait que le métier de policier est très
difficile. Et que nul ne peut se soustraire à un contrôle
d’identité.
Même
quand il n’a pas eu lieu ? (Là c’est une question que je me
pose en moi-même, mais je vous en fais profiter)
La
juge du tribunal de Castres reporte son verdict au mercredi 17
décembre 2008.
Fin
de la première partie. La suite dans « amer verdict, jugement
cynique ».
Mato
Witko.
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