Fouiner

Accueil arrow Textes Postés arrow Mato Witko arrow Violences policières à Mazamet. Avril 2007
Violences policières à Mazamet. Avril 2007 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Mato Witko   
04-01-2009
Précisions : toutes ressemblances avec des personnages ou des faits réels ne seraient que pure volonté.

 

- Le lieu : Mazamet, petite ville de province.

- La date : Le Samedi 21 avril 2007, vers 2 h du matin.

- L’histoire : 4 jeunes gens, Valériane, Thomas, Tom, et Guy, sortent d'un restaurant (que nous nommerons « Ô marseillais » pour bien planter le décor) et marchent dans la rue en direction du centre ville.
Tom, pour s'amuser, hisse Guy sur ses épaules. Guy se prête à ce jeu. Précédés de peu par Thomas et par Valériane qui discutent tranquillement tout en faisant du lèche-vitrine.
Ils ne troublent nullement l'ordre public, ne commettent aucun acte répréhensible, ni tapage nocturne.
Soudain un véhicule de police débouche derrière eux. L'officier de police, passager de cette voiture, les dévisage sévèrement, la vitre ouverte.
Tom, devant l'air menaçant du policier le rassure, s'adresse à lui avec le sourire: -"Ne vous inquiétez pas, on s'amuse!"

Ce à quoi le policier lui rétorque: -"Nous on ne s'amuse pas!" Il sort immédiatement de sa voiture et fonce sur Tom, le pousse contre un mur d'un geste brutal et, tous deux, déséquilibrés se retrouvent au sol.
Le 2° policier, sorti lui aussi du véhicule, porte alors des coups de pieds à la tête de Tom. Après l'avoir menotté, les 2 policiers lui administrent des coups de matraque.
Les 3 autres jeunes, surpris et paniqués par tant de brutalités non justifiées supplient les policiers d'arrêter de frapper. Les cris d'effroi de Valériane alertent d'autres personnes qui sont témoins des actes de violence des agents de police.

Thomas essuie une magistrale gifle en tentant de s’interposer.
Les policiers appellent alors des renforts et jettent Tom à l'intérieur de leur voiture.

Là, il me faut faire visualiser au lecteur mon décor : pour simplifier, je vais dire que le commissariat de police est situé non loin de l’évènement, je précise que nous sommes dans une petite ville. Et puis, je fais ce que je veux, c’est moi le conteur, non ?
Rejoints par un autre policier, ils plaquèrent Thomas sur le capot de la voiture et le menottent à son tour pour le faire rentrer dans la voiture de police.
  
Tom et Thomas sont conduits au commissariat en voiture tandis que Guy y est escorté à pied par le policier venu en "renfort".

Lors du court trajet en voiture, Thomas et Tom sont insultés et humiliés:

  • "Rebut de la société!" -"Vous puez!" -"Sous-hommes!"

Quant à Valériane, elle fut abandonnée sur le trottoir où eu lieu l'agression par les policiers; une flaque de sang à ses pieds. Elle rentre à pied, seule, choquée et inquiète.
Au commissariat, Tom et Thomas ont ordre de se déshabiller entièrement. Ils subissent aussi une fouille devant 5 autres policiers moqueurs, et d’autres gardés à vue.
Thomas et Tom demandent à voir un docteur. Les policiers les conduisent donc aux urgences de l'hôpital de la ville. Durant le trajet, ils subissent de nouvelles violences et humiliations: tête écrasée contre le siège; mains menottées dans le dos et tirées vers le haut...
Après ce passage aux urgences, ils sont reconduits en cellule où Tom retrouve son ami Guy, tandis que Thomas est enfermé seul.

Le lendemain : vers 10h30, un officier de police les questionne. Un avocat leur est commis d'office. Vers midi, ils sont relâchés.
Aucun des 4 jeunes n'est connu des services de police. La veille, ils n’avaient ni abusé d'alcool ni d’autres substances psychotropes.

Conscients d’avoir été victimes d’un acte illégal, illégitime et interdit par la loi, Tom et Thomas portent plainte pour « coups et blessures » auprès du procureur de la République.
Comme partout en France, comme un peu partout dans le monde, cette ville de province se réveille avec une impression de malaise. Avec cette sensation étrange que quelque chose de malsain se déroule en son sein, comme une dérive sécuritaire et fascisante, un truc innommable.

Je continue mon histoire... En juillet 2008, la plainte des victimes est rejetée. La surprise : ce sont les policiers qui portent plainte contre Thomas et Tom pour « injures et rébellion », et pour ne pas donner un côté exagéré à mon histoire, je vais dire que dans ce pays, c’est une chose courante.

Dans la même ville, des citoyens et citoyennes, membres ou pas d’une association de défense des droits humains, entendent parler de cette histoire. N’y croyant pas (je rappelle que mon histoire se déroule dans le pays des droits de l’Homme !) ils veulent en savoir plus et se renseignent sur cette soirée. Ce qu’ils apprennent confirment leur crainte : deux policiers ont outrepassé leur droit et se sont comportés comme des voyous en passant à tabac deux personnes à qui rien ne peut être reproché.

Dans les pays civilisés, une plainte mène à une enquête, puis, si elle est jugée recevable, à un procès. Ce qui nous mène au mercredi 12 novembre 2008. Je donne des dates pour que ça fasse réaliste, mais aussi bien le lecteur que moi-même savons que cette histoire n’est que pure fiction, n’est-ce pas ?

Mais même dans ces pays civilisés, les procès ressemblent à des pièces de théâtre où certains ont droit à un déguisement (presque tout noir) et pas d’autres. Pour simplifier, celles et ceux qui ont le déguisement se sont les juges ou les défenseurs de celles et ceux qui n’ont pas de costume. Ne me demandez pas pourquoi, ce n’est qu’un détail pour me la jouer à la Zola…

La procureure de la République (là, il vous faut imaginer une personne qui sur-joue son rôle, avec de grands gestes des bras et des longues phrases prononcées en hochant la tête et le corps) insiste sur le fait que dans un pays civilisé comme le nôtre, « personne en peut se soustraire à un contrôle d’identité ». Reste à prouver que les policiers ont bien demandé à Tom et à Thomas de leur présenter leurs documents d’identité et que Tom et Thomas ont refusé. Guy, principal témoin dans cette affaire, certifie que les policiers n’ont rien demandé et ont immédiatement sauté sur Tom pour le frapper. L’avocat de Tom et de Thomas tente de prouver qu’il n’y a pas eu contrôle d’identité, que les policiers ont frappés sans raison.

Tous les témoins qui se succèdent à la barre donnent toutes et tous la même version : les policiers ont frappés Tom et Thomas, sans raison et d’une violence inouïe.

L’avocat des policiers insiste sur le fait que le métier de policier est très difficile. Et que nul ne peut se soustraire à un contrôle d’identité.

Même quand il n’a pas eu lieu ? (Là c’est une question que je me pose en moi-même, mais je vous en fais profiter)

La juge du tribunal de Castres reporte son verdict au mercredi 17 décembre 2008.

Fin de la première partie. La suite dans « amer verdict, jugement cynique ».


Mato Witko.



» No Comments
There are no comments up to now.
» Post Comment
Email (will not be published)
Name
Title
Comment
 remaining characters
Captcha Image Regenerate code when it's unreadable
 
< Précédent   Suivant >

En Ligne

Aucun utilisateur enregistré en ligne

Soutenez



 Bientôt!