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Un couvre-feu à Mazamet ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Mato Witko   
27-07-2009

C’est avec stupéfaction que j’apprends que notre bourgade mazamétaine vient de prendre, par l’intermédiaire de sa majorité municipale (« divers droite »), un arrêté interdisant aux jeunes de moins de 14 ans de déambuler dans les rues entre 22h30 et 6h du matin.

Ah enfin ! Nous allons voir défiler dans les rues de Mazamet, tous les citoyens, toutes les citoyennes pour qui la Liberté n’est pas un vain mot. Toutes celles et ceux qui refusent de se taire quand l’absurde s’approche à pas feutrés bien que teinté d’un fascisme soft mais néanmoins liberticide.

Eh bien, à l’heure où j’écris, rien ! Ou bien, ce défilé a fait si peu de bruit que je ne m’en suis pas aperçu ! Mais quand même !?

Je ne vais pas faire semblant d’être offensé par ce silence, en vérité, je n’en suis guère surpris !

Habitant la vallée du Thoré et le bassin mazamétain depuis le début de mon adolescence, j’ai eu le temps de constater l’état larvaire de la grande majorité des habitants du coin !

Oh, ce n’est pas une spécialité locale. Mais vu que c’est de chez moi qu’il s’agit, j’en suis un peu plus peiné !


Je reviens donc à l’arrêté qu’a pris monsieur Bonneville, le maire de Mazamet. Était-ce utile de prendre un tel arrêté ? Y a-t-il une recrudescence de délinquance juvénile dans cette ville ? Des hordes de « bouts-d’choux » en culotte courte terroriseraient-elles la bourgeoisie mazamétaine ? Eh bien, non !

Le politiquement correct empêche de dire que monsieur Bonneville a pris un arrêté pour satisfaire son électorat potentiel en renvoyant dans le giron de leurs parents les jeunes Mahorais qui se promènent dans les rues ou jouent au ballon.

Ce n’est pas politiquement correct, mais c’est pourtant bien là que réside la genèse de cet arrêté municipal.


Quelles animations gratuites proposent la ville de Mazamet aux enfants les soirs de vacances scolaires ? Aucune ! Ou si peu.


Il y a quelques décennies (déjà !), j’étais moi-même un enfant de moins de 14 ans. Et l’été, j’appréciais me promener dans les rues avec mes ami-es. Nous apprenions à échanger des idées, nous écoutions de la musique, jonglions avec des balles, des ballons, jouissions de nos premiers baisers… J’aurai très mal perçu que l’on nous interdise ces instants de liberté… à l’abri du regard de nos parents. D’ailleurs si un arrêté avait été pris dans mon village en ce temps, comment aurais-je accusé le coup ? En foutant le feu à la voiture du maire ! À la mairie ?

Et ne m’accusez pas, je vous prie, d’incitation à la haine : c’est pas moi qui ai commencé !

En conclusion, si un enfant, ou un groupe d’enfants (appelé « bande » pour faire encore plus peur !) est contrôlé par la police après 22h30, il sera embarqué et les parents devront aller chercher leur(s) rejeton(s) au commissariat…

Et moi qui croyais que la police était débordée de travail et en manque d’effectifs ?! Quel travail supplémentaire que de surveiller des gamins qui jouent au ballon, s’amusent, chantent, courent dans les rues…


On ne s’y prendrait pas autrement si on voulait révolter et exciter des gamins aux modes de vie différents… mais puisque ce n’est pas politiquement correct, faites comme si je n’avais rien dit…


Mato Witko.


Le 5 juillet 2009.

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