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Mon intervention n’est pas basée sur une idéologie hostile à la police et à la gendarmerie, quoi qu’en dise monsieur le sous-préfet de Castres. Mon intervention se base sur des faits, sur des enquêtes, sur des statistiques. Mon intervention est donc factuelle et non pas idéologique. En introduction, je dois préciser que d’après moi la Police et la Gendarmerie sont nécessaires dans un Etat républicain de droit. Elles ont pour mission d’assurer la sécurité des personnes (et des biens dans une autre mesure). La Police et la Gendarmerie font un travail qui est difficile et souvent dangereux. Mais, une minorité de policiers commet des abus. Ces abus, même minoritaires, doivent faire impérativement l’objet d’enquêtes impartiales et exhaustives afin d’être sanctionnées si nécessaire, conformément au droit international. Or, le système actuel d’investigation confié à des organes disciplinaires comme l’Inspection générale des services (IGS), l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ou l’Inspection de la gendarmerie nationale (IGN) ne sont pas satisfaisants car il ne répond pas aux critères d’indépendance et d’impartialité. Des enquêtes sont aussi menées par le Parquet ou par le Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité, mais elles restent insatisfaisantes la plupart du temps. Trop de plaintes sont classées sans suite sans qu’une enquête réelle soit menée, trop de victimes de mauvais traitements se voient condamnées pour « outrage et rébellion » sans même voir leurs propres plaintes prises en compte. Trop nombreux sont les membres des forces de l’ordre qui se considèrent au-dessus des lois. La police et la gendarmerie sont tenues au respect des droits de la personne, elles ont le droit d'utiliser la force mais de façon proportionnée si nécessaire, ces principes étant fondamentaux pour que la population garde confiance dans ses forces de l'ordre : plus les gens perdent confiance, plus ils sont agressifs envers les policiers ou gendarmes. Ces quelques dysfonctionnements ternissent l’image de ces institutions et engendrent de la défiance envers elles alors qu’elles devraient sécuriser le public. Aussi, nous demandons que les agents de Police et de la Gendarmerie : 1- soient formés et sensibilisés à l’action interculturelle 2- aident activement à ce que les enquêtes aboutissent à la sanction des responsables des dysfonctionnements 3- veillent à ce que les informations sur les procédures d’enquête internes, notamment sur la manière de déposer une plainte pour faute policière, soient facilement accessibles au grand public (par exemple dans les commissariats, les mairies et sur Internet) 4- veillent à ce que des mesures disciplinaires appropriées soient prises contre les agents de la force publique qui procèdent à des arrestations injustifiées, à titre de représailles, ou qui portent de fausses accusations contre des personnes ayant porté plainte pour faute. * Selon les chiffres que le ministère de l’Intérieur a bien voulu nous communiquer, il y aurait eu 430 condamnations de policiers (entre 2003 et 2006) soit une moyenne de 2,5/jour ! Pour 2005, l’IGPN a été saisie de 663 « allégations de faits de violences » qui l’ont amenée à se prononcer sur 96 sanctions disciplinaires dont 16 ayant conduit à la radiation de fonctionnaires. Pour 2006, l’IGPN a été saisie de 639 « allégations de faits de violences » qui l’ont amenée à se prononcer sur 114 sanctions disciplinaires dont 8 ayant conduit à la radiation de fonctionnaires. *Pour finir mon intervention, j’aimerai savoir qu’elle est la motivation des journalistes ayant écrits des articles mensongers sur le forum « liberté et sécurité » du 21 avril à Mazamet. En effet, le nombre de personnes présentes annoncé dans l’article de la Dépêche du midi (par un journaliste qui n’était pas présent dans la salle ou qui a de sévères problèmes avec l’algèbre) était de plus du double de la réalité (La dépêche annonce 100 personnes dans le public alors que nous n’étions guère plus de 45 !) L’article de la Montagne Noire faisait état d’une volonté unanime des personnes présentes de voir + de policiers dans les rues, sans prendre en considération les 4 interventions faisant état de problèmes liés au comportement de certains policiers. Cela me laisse songeur et m’inquiète sur le message que ces médias voudraient faire passer. Mato Witko.
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