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Ah! Noël! Et ses lumières, et ses décorations, et ses cadeaux…
Ah Noël ! Et ses fêtes de famille où les enfants et les grands vivent la même joie…
Ah Noël ! Et ces enfants qui, impatiemment, attendent minuit afin que les sabots Nike® ou Adidas® s’emplissent de jouets fabriqués en Chine par des prisonniers politiques ou par des enfants esclaves en Inde, au Bangladesh, au Pakistan.
Ah ! Noël ! Et son père du même nom popularisé, sous sa forme actuelle, par une multinationale très ingénieuse en matière de communication*¹.
Et oui, le hasard imposé du calendrier grégorien veut que nous soyons dans cette période d’allégresse. crédit Miaou Say Toon
N’allez pas croire que j’aie un traumatisme particulier lié à cette fête ! À cette fête qui est en fait un syncrétisme de fêtes païennes (solstice d’hiver, Saturnales, culte de Mithra…) et religieuses où Saint Nicolas, évêque de Myre devint Sinter Klaas aux Pays Bas puis Santa Claus aux USA avec l’immigration hollandaise (Ded Moroz*² et Sniegourchtka*³ en Russie…). Je n’ai rien contre les fêtes de famille ! Dans les légendes lorraines, Saint Nicolas le gentil était accompagné d’Hans Tropp, le Père fouettard ! Au fil des siècles, Hans Tropp a cédé la place aux Zwarte Pieten, les lutins qui aident à la distribution de cadeaux.
Ah les cadeaux ! Moi aussi j’aime les cadeaux ! Mais le plus beau des cadeaux, pour moi, est la Liberté. C’est pour cela que j’ai tendance à l’écrire avec une majuscule ! La Liberté, donc, mais pas un semblant de liberté. Pas la liberté d’aller aux urnes pour faire son devoir de citoyen. Pas la liberté d’acheter tel produit plutôt que tel autre. Pas la liberté de subir la vie avec joie ou avec haine… Non, la Liberté totale, celle qui nous pousse à Être, à Vivre, à Penser, à Rêver, à Agir selon notre Conscience… Celle aussi qui nous pousse à nous établir où le vent nous porte. (D’ailleurs la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de décembre 1948 reconnaît ce droit par ses articles 13 ; 14 et 15.)
J’ai ouï dire que certaines personnes, individus seuls, couples ou familles avec enfants, ressentent le désir de s’installer en France pour y travailler, pour y vivre décemment, pour s’y épanouir… Mais pour s’installer en France, pour avoir droit d’y vivre, voilà, il faut des documents administratifs aussi précieux qu’une pépite d’or ou qu’une émeraude. Certains, comme moi, n’ont pas à se poser de questions, ils ont ces papiers-là, dès leur naissance. Un cadeau de naissance si je puis dire. Mais d’autres doivent passer devant des épreuves dignes d’un gymkhana administratif. En fait ils sont suspects de divers maux, de divers torts.
Quels sont donc leurs torts ? Pour une grande majorité, le seul tort est de ne pas être né sur le bout de Terre que le hasard des batailles, des guerres, des conquêtes a appelé la France. Mais pour une minorité, qu’importent les chiffres, même le fait d’être né en France ne suffit pas, car leurs parents ne sont pas Français. Disons, pour résumer, que leurs parents n’ont pas leurs sésames de papiers.
Pour en revenir à Hans Tropp, le Père Fouettard de Saint Nicolas…A-t-il dit son dernier mot ? A-t-il cessé de distribuer ses coups de verges ?
Je dirais qu’il a su traverser l’histoire, s’adapter aux temps modernes… Et bien sûr son appellation, sous l’influence du milieu, de la linguistique locale s’est modifiée. Chez nous, il ne se nomme plus Hans Tropp, mais il est devenu un personnage polymorphe ayant plusieurs avatars ; on l’appelle tantôt Brice, Thierry, Nicolas, tantôt Jean Marie, Bruno… On lui accole aussi un nom de famille, mais c’est une autre histoire. Et malheureusement, ses coups de verges arbitraires sont réellement douloureux et humiliants.
Il y a une Trinité, une Trimùrti de ces Hans Tropp des temps modernes, un croquemitaine hargneux à trois têtes, que l’on nomme indifféremment Brice Hortefeux, Nicolas Sarkozy ou Thierry Mariani. Le problème c’est que cette Triade fait de la politique et qu’elle a obtenu la majorité aux dernières élections. Depuis c’est un peu elle qui distribue les cadeaux et les coups de verges…
Quels cadeaux a-t-elle à offrir aux enfants qui attendent dans des centres de rétentions que leur sort soit réglé ? Je me permets de lui recommander d’offrir simplement une carte d’identité française à ces enfants, à leurs frères, sœurs et parents (et pas le concept génétique de parenté).
En échange, je lui offrirai volontiers un kaléidoscope afin qu’elle modifie quelque peu sa vision de l’immigré et du demandeur d’asile.
Et, là, peut-être que la dinde aux marrons*⁴sera plus digeste cette année…
Joyeux Noël à tous (sauf au croquemitaine !)
PS : en cas de disponibilité d’esprit et de temps, vous pouvez toujours contacter l’anafe, la Cimade ou le Réseau éducation sans frontières.
*¹: la multinationale Coca Cola® a utilisé le personnage de Santa Claus que Haddom Sundbloom a redessiné en 1931 aux couleurs de l’entreprise. Par honnêteté, il faut admettre que ce n’est pas Coca Cola® qui a habillé le Père Noël moderne en rouge et blanc. (Je pense qu’elle a participé à le populariser sous cet aspect là… à moins que ce ne soit le père Santa Claus qui a participé à populariser Coca Cola® ?) Car déjà, en 1863, Thomas Nast, dessinateur américain, proposait un Santa Claus habillé de rouge. Et Ded Moroz, lui aussi deviendra rouge et blanc !
*² : Ded Moroz, en russe Grand’père Gel, il distribue les cadeaux au enfants russes avec Snegourchtka.
*³ : Snegourchtka, en russe petite Neige, elle distribue les cadeaux aux enfants russes avec son père Ded Moroz.
*⁴: vu que je suis végétarien, je me contenterai d’une soupe aux châtaignes !
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